Le share-auto s'arrête. La route est bloquée dans les deux sens par la police, c'est la fête du temple Hindou dans un quartier pauvre au nord de notre orphelinat. Les Points-Coeur y habitent et nous nous y rendons de temps en temps, ce dimanche nous nous y rendons spécialement pour l'occasion... Nous (Je suis comme d'habitude avec Claire) ne serons pas décues...

Nous devons marcher quelques centaines de mètres pour rejoindre la foule qui se presse dans les ruelles recouvertes de fleurs autour d'un défilé impressionnant d'hommes. Ils avaient vraiment l'air de sauvages!! Torses nus, le visage recouvert de traits religieux, le corps badigeonné de peinture jaune et recouverts de colliers de fleurs, ils scandaient un rythme et poussaient des cris en vénérant une flamme allumée par terre sur leur chemin tous les 30m. Tout le monde était aux balcons, aux portes, sur les toits pour observer ces hommes, ils étaient peut-être 300 à défiler...
Nous avons suivi le mouvement (non sans créer une certaine attention, nous étions vraiment les deux seules blanches). Après quleques bains de foule,bousculades, d'innombrables sourires échangés et mains serrées et même la proposition de regarder avec quelques femmes l'événement à la télé (hé oui, même au fond d'un slum c'est retransmis sur une des moultes chaines tamoules), nous avons retrouvée les garçons de Points-Coeur.
On à même réussi à se frayer une place pour avoir une bonne vue du spectacle...
Un tapis épais de 12-13 cm de braises (vraiment rougeoyantes!), 6m de long sur 3 de large, en face d'un temple. Les participants, des hommes en général plutôt jeunes et même enfants (pour les plus petits 10-12ans!!) se présentaient par groupe de 4-5 et traversaient pieds nus ces braises. Ils étaient tour à tour recueillis, concentrés, exaltés, parfois plus apeurés, résignés. Ils courraient (mais mettaient au minimum deux fois chaque pied dans les braises), ou marchaient fièrement (4 fois chaque pied au max!!!) avant d'aller se prosterner devant la divinité (Shiva je crois). Mais rare étaient ceux qui reculaient devant l'obstacle - quelle honte pour eux et leur famille, on en était mal pour eux!
Le public, jeunes, vieux, enfants, hommes, femmes, assis par terre, debout sur les toits, se bouscule pour voir ce spectacle annuel (les forces de l'ordre étaient présentes et faisaient ce qu'elles pouvaient...). Et puis, régulièrement parmi les personnes qui nous entouraient, une femme se levait précipitamment pour aller récupérer son mari ou son fils aux pieds brûlés à la sortie du temple. J'en serais folle !! Il parait que la prière et le régime alimentaire suivi pendant un mois préalablement permettent de n'avoir aucune brûlure...

On est toujours un peu frustré de ne pas comprendre ni comprendre ces rituels hindous. Les gens eux même ne savent pas trop, et c'est un peu comme toujours en Inde, l'essentiel c'est d'être là, d'observer... et peut être un jour, qui sait, de participer.
Avis aux amateurs.